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Qui sont-elles?

by Jean-Marie D'Amour last modified 2008-04-29 11:15

Petit portrait statistique des personnes handicapées au Québec et des autres groupes d'utilisateurs qui bénéficient de l'accessibilité.

Les personnes handicapées

Au Québec, selon l'Enquête sur la participation et les limitations d'activités 2006 (EPLA), de Statistique Canada, on estime que près de 800 000 personnes, soit 10,4 % de la population, vivent avec une incapacité qui limite l'accomplissement de leurs activités.

Si cette situation les rassemble, le type d'incapacité (cognitive, visuelle, auditive ou motrice) et le niveau de sévérité ouvrent cependant sur tout un monde de différences.

Comme le démontre le portrait de l'incapacité selon l'âge, le risque d'apparition d'une incapacité augmente avec le vieillissement des individus et de la population dans son ensemble.

  • 0-14 ans : 3 %,
  • 15-64 ans : 8 %,
  • 5-74 ans : 22 %,
  • 75 ans et plus : 46 %.

La conséquence de cette progression de l'incapacité avec l'âge est que même si le groupe des 65 ans et plus compte seulement pour 13,5 % de l'ensemble de la population, il représente 42 % de l'ensemble des personnes handicapées.

Les personnes handicapées présentent différents types d'incapacités :

  • Mobilité : 69 %,
  • Agilité : 67 %,
  • Douleur : 62 %,
  • Auditive : 26 %,
  • Vision : 18 %,
  • Parole : 13 %,
  • Apprentissage : 18 %,
  • Mémoire : 9 %,
  • Déficience intellectuelle : 5 %,
  • Psychologique : 14 %,
  • Chronique : 3 %,
  • nconnue : 3 %.

Attention : une même personne peut cumuler plusieurs types d'incapacités, particulièrement chez les personnes de plus de 65 ans.

Pour plus de commodité, nous pouvons cependant classer ces différents types d'incapacité sous quatre grandes catégories :

Le gouvernement britannique distingue les avantages ou les obstacles par type d’incapacité et par média de communication :

Accessibilité des médias de communication

Incapacité Web Téléphone Face à face
Visuelle ATAI ATAI APC
Auditive ATAI PPP APC
Motrice ATAI APC PPP
Cognitive PPP APC APC

Légende :

  • ATAI : Accessible avec les technologies d’adaptation informatique
  • APC : Accessible pour certains
  • PPP : Problématique pour plusieurs

Les services et communications basés sur le Web ont la capacité d'être accessibles à une plus grande diversité d'individus.

Les personnes ayant une déficience physique ont un plus grand intérêt envers l'utilisation du Web.

L'accès aux sites Web est encore plus important pour les personnes ayant une incapacité que pour le reste de la population :

  • les personnes ayant une incapacité visuelle ou motrice : pour éviter d'avoir à se déplacer, compte tenu des problèmes de mobilité ;
  • les personnes ayant une incapacité auditive : pour éviter les communications téléphoniques fastidieuses par télescripteur et les rencontres avec des personnes ne comprenant pas le langage des signes ;
  • les personnes ayant une incapacité cognitive : pour mieux s'intégrer dans un monde souvent difficile à comprendre et jouer au maximum leur rôle social.

Dans un site entièrement accessible, la personne handicapée ne rencontre plus de barrières et retrouve toute sa liberté d'action, la situation de handicap étant temporairement abolie puisque l'environnement est adapté aux besoins de chacun.

Voici quelques exemples de dispositions prévues pour éliminer les obstacles rencontrés par les personnes présentant divers types d'incapacités :

Pour une incapacité visuelle :

  • Équivalent textuel pour une image et surtout pour un lien-image ;
  • Tableau de données permettant d'identifier facilement les en-têtes de ligne et de colonne qui donnent un sens à ces données ;

Pour une incapacité motrice :

  • Capacité de naviguer sans souris, d'ouvrir un menu, d'activer un lien, etc. ;
  • Possibilité de cliquer sur l'étiquette d'un bouton radio plutôt que sur le bouton lui-même qui exige beaucoup plus de précision ;

Pour une incapacité auditive :

  • Sous-titres pour les vidéos ou médaillon en langue des signes ;
  • Transcription textuelle des fichiers audio ;

Pour une incapacité cognitive :

  • Langage le plus simple possible approprié au public visé ;
  • Système de navigation simple à comprendre et cohérent sur tout le site.

Mentionnons aussi à titre d’illustration le cas d’une publicité vidéo pour les jeux olympiques de Londres. Cette publicité utilisait des images clignotantes rapides et agressantes qui ont déclenché une crise d’épilepsie pour un certain nombre de personnes épileptiques dites « photosensibles ». Suite à des plaintes des organismes promoteurs de l’accessibilité. Cette publicité a dû être retirée.

Les situations de handicap vécues par les personnes handicapées varient aussi beaucoup selon le type d'incapacité et selon le niveau de sévérité de l'incapacité (de léger à très grave). Les statistiques rapportent que 33 %, des personnes handicapées au Québec présentent des incapacités légères, par opposition à 67 % qui présentent plutôt des incapacités modérées, graves ou très graves.

En conséquence, les besoins d'adaptation sont différents selon les personnes et selon les situations. C'est pourquoi les aspects à couvrir pour assurer l'accessibilité peuvent paraître nombreux et variés, car l'environnement Web doit s'adapter à différents types d'incapacité dans des situations de handicap qui s'accentuent selon la sévérité de chaque incapacité.

Les personnes âgées de plus de 45 ans

L'application des règles d’accessibilité aura aussi un impact important sur la facilité d'utilisation des sites Web pour les personnes de 45 ans et plus qui représentent 43 % de la population totale au Québec. Pensons, notamment, à la taille des caractères, aux contrastes de couleurs, aux difficultés reliées à la motricité fine dans la manipulation de la souris et aux dispositions prises pour faciliter la compréhension et la navigation.

En ce qui a trait aux contrastes, par exemple :

L’affaissement des paupières, caractéristique commune chez les personnes âgées, pourrait avoir un impact sur la quantité de lumière absorbée par l’oeil (Kroemer, 2006). De plus, le rétrécissement de l’ouverture de la pupille, le jaunissement du cristallin, ainsi que l’épaississement de la cornée, a pour effet de réduire la quantité de lumière et de causer une mauvaise diffusion de celle-ci dans l’oeil. En moyenne, une personne âgée a besoin de quatre fois plus de lumière que les personnes plus jeunes. À l’âge de 70 ans, la réduction de la quantité de lumière qui entre dans l’oeil, peut atteindre 50%. Une personne de 80 ans et plus a besoin de dix fois plus de lumière qu’une personne dont l’âge moyen est 25 ans (American Fondation for the Blind, 2006).

LEVASSEUR, Stéphanie. « Limitation des fonctions visuelles liées au vieillissement bénéficiant du standard du Gouvernement du Québec et de lignes directrices en ergonomie. » Cours IDV 6019, Accessibilité du Web et du multimédia, École d'optométrie de l'Université de Montréal, (automne 2007) p. 10.

Ce sont là autant d'aspects touchés par les règles d’accessibilité qui permettront, à ces personnes, d'utiliser les sites Web avec plus d'aisance et de confort. Dans un contexte de population vieillissante et d'automatisation des services traditionnellement offerts en personne, ces aspects occuperont de plus en plus d'importance dans les préoccupations des internautes aux prises avec des incapacités. Si ces aspects ne sont pas pris en compte adéquatement, les citoyens vivant plus vieux et s'intéressant de plus en plus aux technologies de l'information seront de plus en plus susceptibles d'éprouver des malaises ou des frustrations relativement aux barrières potentielles que poseront les sites Web.